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Histoire Cambodge

Histoire du Cambodge

 

Le Cambodge est l'un des nombreux pays de l'Asie du Sud-Est où, à la suite sans doute d'échanges commerciaux commencés dès la protohistoire (qui descend, dans ces régions, pratiquement jusqu'aux abords de l'ère chrétienne), s'est fait sentir de façon prépondérante l'influence de l'lnde.

Certains des éléments les plus élevés de la civilisation indienne, c'est-à-dire les religions - I'hindouisme (çivaïsme surtout, mais aussi vishnouïsme), le bouddhisme -, la langue sanskrite, qui est celle des textes religieux mais aussi de toute forme jugée supérieure de littérature indienne, certaines structures sociales même, sont passés de l'lnde au Cambodge, mais ils ont été adaptés et transformés, éventuellement magnifiés à leur profit par les élites locales. De même l'art qui, comme en Inde, et dans les formes durables qui ont subsisté, est un art essentiellement religieux, de sanctuaires et de sculptures de divinités, a-t-il emprunté ses raisons, ses formes et ses procédés à l'lnde. Mais rapidement semble-t-il,
- dès le Vlle siècle de notre ère, qui correspond aux plus anciens monuments d'importance subsistants - il s'est distingué de ses modèles, et a créé selon son esprit propre, témoignant de certaines qualités qui n'apparaissent pas en Inde même...

On divise commodément l'histoire du Cambodge en trois grandes périodes:

1. une période dite préangkorienne (des alentours de l'ère chrétienne jusqu'à la fin du Vllle siècle);
2. une période angkorienne, pendant laquelle, du IXe au XVe siècle, s'opère de règne en règne une centralisation plus poussée du pouvoir souverain, la capitale étant toujours située, à une exception près, dans la région d'Angkor;
3. une période postangkorienne, qui commence à l'abandon d'Angkor (environ 1431) devant la menace thaïe, et qui se prolonge jusqu'à nos jours.

1- Période préangkorienne

A partir du ler ou du lle siècle de l'ère chrétienne, et jusqu'au milieu du Vlle, les Chinois - relations d'ambassades dans les Annales dynastiques, ou récits de pèlerins bouddhistes - attestent l'existence d'un royaume qu'ils appellent Founan, transcription d'un nom local que l'on ignore encore. Quoi qu'il en soit, ce royaume paraît avoir exercé son autorité sur le sud du Cambodge actuel et le delta du Mékong, sans doute aussi sur une partie du bassin inférieur du Ménam (dans l'actuelle Thaïlande) et une partie de la Péninsule Malaise.

Le Founan tirait sa richesse du grand commerce, comme en témoignent les fouilles de Louis Malleret en divers lieux du delta du Mékong et notamment à Oc-èo: là a été mise en évidence l'existence d'un réseau de canaux et d'un port de commerce maritime, où se retrouvent des objets venus de Rome et du monde
méditerranéen, de l'lran, de l'lnde et de la Chine.

L'indianisation du Founan paraît avoir été assez lente, seuls les noms de ses derniers rois, tels qu'ils sont transcrits par les Chinois, renvoyant à des noms de règnes sanskrits (par exemple : Chö-ye-pa-mo -dans la transcription de l'E.F.E.O- = Jayavarman), tels qu'on les rencontre dans les inscriptions lapidaires les plus anciennes qui ont été retrouvées.

On situe l'une des capitales successives du Founan (la dernière?) à Angkor Borei, non loin de la colline du Phnom Da qui porte des sanctuaires vishnuïtes en relation évidente avec cette cité. A partir du milieu du Vle siècle, le Founan, toujours selon les sources chinoises, cède la prééminence à un ancien vassal, le Zhenla (ou Chenla), nom que les Chinois conserveront pour désigner le Cambodge jusqu'au Xllle siècle.

Le berceau du Zhenla paraît avoir été dans la région de Vat Phu (Laos méridional) et le long de la Sé-Mun. C'est alors qu'apparaissent, au Vlle siècle, les plus anciennes inscriptions sur pierre rédigées partiellement en khmer, et non plus seulement en sanskrit. Dans la première moitié du Vlle siècle régnait à Sambor Prei Kuk, le grand souverain Isanavarman, dont l'influence s'étendait sur les pays voisins du Cambodge, tant à l'ouest (région de Chantabun) qu'à l'est (sur le royaume indianisé du Champa).

Mais, dans toute cette période préangkorienne (et dans une certaine mesure, même dans la période angkorienne), I’ allégeance due à un suzerain devait en nombre de cas n'être que fictive, bien des principautés ne demandant qu'à rester où à redevenir indépendantes, et la diversité des écoles d'art préangkoriennes au Vlle siècle en est peut-être le reflet.

Au Vllle siècle, le mouvement paraît s'accentuer, les inscriptions lapidaires - de plus en plus nombreuses aussi à avoir été conservées - attestent l'existence au Cambodge de plusieurs lignées royales parallèles et, d'autre part, il semble bien que des royaumes plus méridionaux, indonésiens (Péninsule Malaise et Sumatra), dont la puissance grandit alors, aient hérité de l'ancien empire commercial du Funan et exercé une certaine domination sur le sud du pays.

2- Période angkorienne

Vers 790 apparaît Jayavarman II, fondateur de la royauté angkorienne, qui, venu d'une région sous contrôle de "Javâ", rassembla différentes principautés et se fit sacrer, en 802 "souverain universel", sur le Phnom Kulên, qui est une colline située au nord-est proche du site de la future Angkor, et un haut lieu qui s'appelait alors Mahendraparvata, "la montagne du grand Indra", Indra étant, en théologie indienne, le roi des dieux, comme Jayavarman ll, libéré de l'allégeance due à "Javâ" et devenu empereur, était roi des rois sur terre.

Cette cérémonie eut lieu grâce au concours de brâhmanes çivaïtes, le roi et son royaume étant désormais sous la protection d'une forme éminente de Çiva, résidant sur la montagne. En art religieux, cela est traduit par un linga, forme "immatérielle" de Çiva, abrité dans un sanctuaire installé au sommet d'une montagne, éventuellement d'une pyramide à gradins qui représente cette montagne.

La plupart des souverains angkoriens ultérieurs se réclameront de Jayavarman ll, dont le nom posthume, Parameçvara, montre bien qu'il avait reçu une consécration çivaïte personnelle telle qu'après sa mort il était considéré comme ayant réintégré le sein de Çiva, sous sa forme "suprême" (Parameçvara, "le Seigneur Suprême", nom de Çiva).

Si les fondements religieux de la monarchie angkorienne sont dus à Jayavarman II, c'est avec son deuxième successeur, Indravarman (877-889) qu'apparaissent les grandes fondations typiques de la centralisation angkorienne. Celle-ci correspond à une exploitation intensive du sol en rizières irriguées, qui exige d'immenses travaux d'hydraulique agricole: en sa capitale (Hariharalaya, groupe de Roluos à 15 km au sud-est du site de la future Angkor), Indravarman fit édifier les digues d'un vaste réservoir quadrangulaire (3,8 km d'est en ouest pour 800 m du nord au sud), dont les eaux alimentaient aussi les douves des deux sanctuaires dont nous allons parler, car tous ces travaux n'étaient efficaces que parce qu'ils étaient aussi et d'abord des fondations religieuses.

En 879 sont consacrées les six tours de brique stuquée du monument de Preah Kô, abritant trois images de Çiva, et trois images de la Déesse, pour trois prédécesseurs d'lndravarman (dont Parameçvara) et leurs épouses, considérés comme des protecteurs du royaume. En 881 est consacré un linga, forme du dieu Çiva associée par son nom, Indreçvara, au roi régnant, au sommet d'un "temple-montagne" qui est la pyramide à cinq gradins de Bakong. Le règne d'lndravarman aurait été pacifique et son autorité reconnue de la Sé-Mun au nord à la région de Chaudoc au sud.

Le fils et successeur d'lndravarman, Yaçovarman (889-910 au moins), complétant et amplifiant le programme de constructions religieuses de son père, créa la première Angkor, appelée d'un nom qui rappelle le sien propre, Yaçodharapura, "la ville séjour de la gloire": après avoir établi les quatre tours de brique stuquée du "temple aux ancêtres" de Lolei (893), dans une île au centre du bassin de Hariharalaya, Yaçovarman se transporta vers le nord-ouest.

Il fit élever les digues d'un bassin rectangulaire quatre fois plus important que celui de son père (7 km d'est en ouest, près de 2 km du nord au sud) qui est le baray oriental d'Angkor, cependant que le centre de sa capitale était plus au sud-ouest, marqué par une colline naturelle, le phnom Bakheng, au sommet duquel il fit édifier un temple-montagne auquel on donne le même nom, pyramide à cinq gradins et 109 tours-sanctuaires, représentation explicite du Mont Meru, centre de l'Univers et séjour d'lndra et des dieux dans la cosmologie indienne.

Au sommet du Phnom Bakheng était vénéré le linga Yaçodhareçvara. Au témoignage des inscriptions, I'autorité de Yaçovarman paraît avoir été reconnue depuis Vat Phu au nord jusqu'à Hatien au sud. Ses deux fils vécurent et régnèrent peu de temps; à l'un est dû le petit temple-montagne de Baksei Chamkrong, à tour-sanctuaire unique placée sur une pyramide à gradins, sis au nord-est proche du
Phnom Bakheng: c'est une représentation explicite du Kailasa, montagne de Çiva, et les images de Çiva et de la Déesse qu'il abritait étaient érigées au bénéfice spirituel de Yaçovarman et de son épouse.

En 928, Jayavarman IV, oncle maternel des précédents, grand feudataire provincial, devint roi du Cambodge, mais conserva pour capitale sa propre cité où, dès 921, il s'était retiré, y établissant en très peu d'années un grand nombre de sanctuaires de taille colossale, voués à une forme de Çiva "Maître des Trois Mondes": cette cité est Koh Ker, à 85 km au nord-est d'Angkor qui fut délaissée pendant une vingtaine d'années. C'est au moment de son sacre, croit-on, qu'il fit ajouter au grand ensemble du Prasat Thom de Koh Ker le prang qui est une pyramide à cinq gradins, haute de 35 m, destinée au linga royal.

Après la mort du fils et successeur de Jayavarman IV, Rajendravarman (944-968), autre neveu de Yaçovarman, ramena la capitale sur le site d'Angkor. Dans la partie orientale du site, il fit ériger deux temples-montagnes: le Mébon oriental (953 ; dans une île au centre du baray oriental), consacré au linga Rajendreçvara et au bénéfice spirituel de ses parents, puis le temple de Prè Rup (961; au sud du baray oriental), où se trouvait vénéré un linga dont le nom - Rajendrabhadreçvara - évoquait à la fois celui de la divinité de Vat Phu, Bhadreçvara, haut lieu pour les Khmers dès la période préangkorienne, et celui du roi.

Rajendravarman avait lutté contre le Champa, et sa mort ne fut peut être pas naturelle. Les dignitaires acquirent de plus en plus d'importance, et particulièrement les brahmanes, qui étaient maîtres spirituels, chapelains et conseillers du roi. Ainsi sous le règne du fils et successeur de Rajendravarman, Jayavarman V (968-1001), monté très jeune sur le trône, il est évident que le guru du roi, Yajnavaraha, possédait un grand pouvoir, puisque le sanctuaire fondé par lui, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Angkor, n'est
autre que le célèbre temple de Banteay Srei, où il est manifeste qu'oeuvrèrent les meilleurs artistes et artisans du Cambodge.

Le Xle siècle commence par une guerre civile, deux rois s'affrontant pour le pouvoir. Du premier, Jayaviravarman, vaincu par le second, subsiste à Angkor un temple-montagne inachevé, Ta Keo. Le second, qui fonde une nouvelle dynastie, Sûryavarman ler (1002-1050), a laissé des temples importants
aussi bien dans le nord (Preah Vihear) que dans le sud (Phnom Chisor), mais pas à Angkor même.

C'est de son règne que date la première expansion khmère dans le bassin du Ménam. C'est lui-même ou un successeur (Udayadityavarman II, 1050-1066) qui fit établir sur le site d'Angkor l'immense bassin du baray occidental (8 km d'est en ouest, plus de 2 km du nord au sud) et c'est à ce successeur qu'est dû le grand temple-montagne du Baphuon, "montagne d'or semblable au Meru, au centre de la capitale, pour un Çiva-linga en or".

Cependant, diverses révoltes agitent le pays. Sous le règne suivant, celui de Harsavarman III (1066-1080), le Cambodge lutte contre le Champa et subit une défaite, puis devient son allié, à la demande des Chinois, contre le Dai Viêt (Premier empire vietnamien, émancipé de la suzeraineté chinoise) mais sans succès. En 1080, Jayavarman VI instaure une nouvelle lignée de souverains, à qui doit être attribué le très beau temple de Phimai.

La situation est confuse et, en 1113, le grand roi Sûryavarman II (1113-1145) est dit avoir arraché le pouvoir à deux rois... Il conduira loin les armées khmères, contre le Champa, contre le Dai Viêt et dans le bassin du Ménam. Sa religion personnelle était le vishnouïsme, sa plus grande oeuvre demeurant l'édification du célèbre temple-montagne d'Angkor Vat.

Sous son règne furent édifiés quelques autres sanctuaires moins importants, en particulier Beng Mealea (sur le même plan qu'Angkor Vat mais sans pyramide) et, sur le site d'Angkor, Banteay Samrè et
quelques-uns des temples du groupe de Preah Pithu.

On ne sait pas exactement quand est né le dernier grand souverain du Cambodge angkorien, Jayavarman VII (1181-1218). Dans sa jeunesse, il était allé lutter au Champa, cependant que le roi d'Angkor était éliminé par un usurpateur. Le Champa devait en profiter pour envahir à son tour le Cambodge, Angkor étant occupée en 1177 par le roi cham qui fit périr l'usurpateur. Jayavarman VII apparut alors, et au bout de quatre ans de lutte il avait chassé les Chams du Cambodge et s'était fait sacrer (1181). Il devait à son tour occuper le Champa, et sous son règne les limites de l'empire khmer et de son influence furent plus étendues que jamais auparavant.

Toute cette oeuvre guerrière et politique ne pouvait être valable que grâce à la protection religieuse de l'empire, assurée par la fondation de nouveaux sanctuaires. Jayavarman VII fit de sa religion personnelle, le bouddhisme Mahayana, la religion d'Etat, et sous son règne, selon une iconographie très spécifique et dans un style nouveau très admiré (le fameux "sourire d'Angkor"), furent construits un très grand nombre de monuments, dont la plupart de ceux qui subsistent actuellement sur le site d'Angkor: la ville murée d'Angkor Thom (12 km de tour) avec au centre le Bayon aux célèbres "tours à visages", les temples de Banteay Kdei, Ta Prohm (1186), Preah Khan (1191 ) et les dépendances de ce dernier, etc., ainsi que d'autres grands temples dans les provinces (une partie du Preah Khan de Kompong Svay, Banteay Chmar).

3- Période postangkorienne

Le Xllle siècle marque un tournant dans l'histoire du Sud-Est asiatique. Alors, tandis que la poussée des Mongols de Koubilaï Khan ébranle la Chine et ses voisins méridionaux, les Thaïs, dans le bassin du Ménam, se libèrent de la suzeraineté khmère et menacent désormais le Cambodge affaibli. Les dynasties angkoriennes prennent fin, leur succèdent des souverains d'origine plus humble. L'hindouisme et le bouddhisme Mahayana et leurs formes cultuelles aristocratiques s'effacent devant le développement du bouddhisme Theravåda, originaire de Sri Lanka, qui gagne toutes les couches de la population et qui est patronné aussi par les souverains thaïs.

Cependant les agressions de ces derniers se multiplient et Angkor, prise plusieurs fois par le roi thaï d'Ayuthaya, doit être abandonnée en 1431 pour des capitales plus méridionales et moins exposées. En
butte par ailleurs aux attaques viêtnamiennes et, à partir de la fin du XVIème siècle, aux premières entreprises occidentales, le Cambodge apparaîtra désormais culturellement très influencé par la
Thaïlande, son art religieux bouddhique (monastères en architecture légère ou mixte, statues, peintures, manuscrits, etc.) en portant nettement la marque, bien que subsistent certaines constantes khmères.

Du déclin de la civilisation khmère au protectorat français

Le royaume d’Angkor (800-1431 apr. J.-C.) est un des grands jalons de la civilisation humaine. Il a laissé à la postérité ses témoins de pierre, les temples d’Angkor comptant parmi les plus beaux édifices sacrés au monde. Le déclin de la légendaire civilisation khmère est insidieux. Au 13e siècle, les Khmers se tournent vers le bouddhisme. La stricte hiérarchie sociale instaurée par les anciens rois-dieux vacille, le système de la corvée tend à disparaître. Comme les champs ne sont plus cultivés, la riziculture périclite, et partant, l’économie tout entière.

Les Chams, un peuple originaire de l’actuel Viêtnam, occupent et pillent Angkor entre 1177 et 1201 apr. J.-C. Cependant, les Khmers reconquièrent la cité royale. Au 14e siècle, ils essuient les attaques
incessantes des Siams. Les Siams finissent par occuper Angkor en 1431 et y installent un roi vassal qui est lui-même un Khmer. Bassac, une ville à l’est du Mékong, devient la capitale. A partir de cette époque, les Khmers doivent repousser tour à tour les assauts des Siams et des Vietnamiens. Au 16e siècle, la capitale est transférée à Lovêk. Les Siams renversent le roi et conquièrent la province Siem Reap
(Angkor). Les troubles persistent à cette période.

Au 16e siècle, des aventuriers espagnols et portugais sillonnent le pays. Au 17e siècle, le pays reste soumis à l’influence siamoise ; des Vietnamiens du peuple des Ngyuen envahissent eux aussi le pays en
1673. Udong est alors la capitale du royaume instable et affaibli des Khmers.

L’époque du protectorat français

En 1863, le Cambodge devient protectorat français, après la conquête du Viêtnam par les Français. Cela ne change pas grand-chose pour la population, mais l’élite locale doit désormais se soumettre au commandement français.

En 1877, le gouvernement du protectorat impose au roi Norodom Ier une série de réformes, dont l’abolition de l’esclavage. Le bouddhisme, adopté par le peuple des Khmers dès le 13e siècle, reste la religion dominante.

Ce sont pendant les années de l’entre-deux-guerres que les Cambodgiens développent pour la première fois une conscience nationale. Au début, ils n’éprouvent pratiquement pas de sentiments anti-français, leur grogne visant plutôt les fonctionnaires vietnamiens travaillant pour l’administration française. Dans les années 1930, les Français tentent, sans succès, d’imposer aux paysans cambodgiens le travail salarié dans les plantations. Ils font alors venir des ouvriers du Viêtnam et de Chine. Comme les Français n’ont pas instauré de système éducatif digne de ce nom, le peuple cambodgien reste assez inculte.

En 1941, 8000 Japonais occupent le pays. Ils forment une troupe d’occupation contre laquelle le gouvernement affaibli de Vichy ne peut plus vraiment s’opposer. Un mouvement anti-colonialiste se forme à cette époque autour du cercle des éditeurs bouddhistes du magazine Nagara Vatta. Mais ce mouvement est écrasé. En 1941, les Français placent sur le trône Norodom Sihanouk, alors âgé de 19 ans. Le 9 mars 1945, le Japon s’empare du pouvoir en Indochine.

L’indépendance du Cambodge

Avec le soutien des Japonais, le roi Sihanouk proclame, le 13 mars, l’indépendance du Cambodge. Le pays est rebaptisé Kampuchéa démocratique. Le Japon capitule en 1945 et le Cambodge revient à la France.

En 1946, Sihanouk accepte l’adhésion du Cambodge à l’Union française. La France déclare officiellement l’autonomie du Cambodge, et en 1946, la tenue d’élections générales est décidée. Trois partis se présentent, tous trois conduits par des princes cambodgiens. Une guérilla, Khmer Issarak (les Khmers libres), voit le jour à cette époque.

Ses membres campent dans les territoires occupés du nord de la Thaïlande qui seront restitués la même année au Cambodge. Lors des élections, le parti démocratique de Sisivath Yuthevong affronte le parti libéral du prince Norodom Norindeth. Norindeth souhaite maintenir les liens étroits avec la France, tandis que Yuthevong préfère que son pays se démocratise et accède à l’indépendance complète. Yuthevong gagne les élections et devient chef du gouvernement. Le pays se dote d’une constitution qui confère tous les pouvoirs à l’Assemblée nationale. Sihanouk désapprouve ce processus. L’année suivante, Yuthevong meurt de la tuberculose.

En 1949, la France déclare l’indépendance du Cambodge au sein de l’Union française.

La naissance de la guérilla

En 1950, des groupuscules de révolutionnaires khmers fondent le Front Uni Issarak. Ils forment une guérilla marxiste. Loin de leur patrie, à Paris, est fondé un cercle communiste au sein duquel sont
représentés les futurs dirigeants khmers Khieu Sampan, Saloth Sar (le futur Pol Pot) et Ieng Sary.

En 1951, le parti démocratique gagne une nouvelle fois les élections. Mais Sihanouk dissout le gouvernement et prend le pouvoir, dans un pays secoué par les troubles. L’année suivante, il décrète l’état d’urgence.

Le 9 novembre 1953, le pays devient totalement indépendant de la France. En 1954 se tient la conférence d’Indochine. En 1955, Sihanouk renonce à son titre de roi au profit de son père Suramarit,
pour pouvoir diriger plus efficacement le pays comme Premier ministre. Avide de pouvoir, il crée une union des partis politiques et propage le « Socialisme bouddhiste ». Ses opposants perdent leur emploi, sont jetés en prison ou intimidés. Le Sangkum Reastr Niyum de Sihanouk rafle tous les sièges de l’assemblée nationale. Les autres partis politiques ont, de fait, disparu. Dès 1958, Sihanouk cherche à se rapprocher de la Chine pour des raisons tactiques.

Entre-temps, les Américains font la guerre au Viêtnam. Sihanouk parvient jusqu’en 1970 à épargner au Cambodge les affres de la guerre. Un nouveau parti cambodgien révolutionnaire est fondé en 1960.

Saloth Sar (Pol Pot), Khieu Sampan et Ieng Sary en sont membres. Saloth Sar, qui sera tristement célèbre sous le nom de Pol Pot, fuit dans la jungle. Khieu Sampan et d’autres membres du parti ouvrier cambodgien s’étaient déjà réfugiés dans la forêt vierge. Ces combattants formeront les Khmers rouges dans le maquis communiste. IIs s’allient aux Vietcongs dans le « Bureau 100 », un camp mobile dans la jungle.

Bombardements américains sur le Cambodge

Dès lors que les Vietcongs avancent avec leurs troupes en terre cambodgienne, le pays devient la cible des bombes américaines. A partir de 1969, les Américains bombardent avec leurs B 52 les repaires de la guérilla vietnamienne au Cambodge. En 1970, Sihanouk est renversé par le Général Lon Nol avec l’aide des Américains. L’armée américaine bombarde à nouveau le pays entre avril et juin 1970. La plupart du temps, ce ne sont pas les Vietcongs, mais la population civile cambodgienne qui est touchée.
En 1970, le général Lon Nol renverse le Prince par un coup d’Etat et proclame la République. Chen Heng devient président. En 1972, le maréchal Lon Nol est élu président de la République à vie. Le gouvernement est corrompu et faible.

Les Khmers rouges s’organisent dans la jungle. En 1973, leur pouvoir s’est déjà considérablement étendu sous le commandement de Saloth Sar alias Pol Pot. Enfants et adolescents sont éloignés de leurs familles, des coopératives sont créées, et les bouddhistes subissent la répression.

Les Américains bombardent le pays sans aucun égard pour la population. Cette attitude est caractéristique la politique de Nixon et de Kissinger en Indochine. Les bombes continueront de pleuvoir jusqu’en 1973. Une partie de la population déracinée rejoint la guérilla.

Le régime de terreur des Khmers rouges

En 1975, les Khmers rouges parviennent à prendre la ville de Pnom Penh. Le gouvernement de Lon Nol est renversé et Pnom Penh vidée de sa population. Des centaines de milliers de personnes sont sauvagement exécutées parce qu’elles sont soupçonnées, à tort ou à raison, d’avoir soutenu l’ancien gouvernement. Les Khmers rouges détestent surtout les intellectuels. Des mois avant leur exécution, un grand nombre de victimes sont torturées pendant des « interrogatoires ». Le centre de torture « S 21 » à Phnom Penh a une sinistre réputation. Pour économiser les munitions, les condamnés sont battus à mort dans les camps. Des centaines de milliers de Cambodgiens enrôlés dans les brigades du travail périssent aussi dans des conditions épouvantables. Ils sont directement enterrés dans les champs, les « Killing Fields » ou champs de mort. Les dirigeants des Khmers rouges, Khieu Samphan, Ieng Sary, et Saloth Sar (Pol Pot) qui tire les ficelles dans l’ombre, embrigadent la plupart du temps des jeunes dont ils font des révolutionnaires fanatiques.

Le 13 mai 1975, Pol Pot devient officiellement Premier ministre du Cambodge. Les purges qu’il opère au sein de son propre parti, le PCK, déclenchent de nouveaux exodes massifs. Les Vietnamiens tentent de libérer les Cambodgiens du régime de terreur qui leur est imposé par leur propre peuple. Phnom Penh est prise en 1979. Les partisans de Pol Pot s’enfuient. Sihanouk est relâché par les Khmers rouges peu de temps avant l’invasion vietnamienne. Le gouvernement de Pol Pot conserve son siège à l’ONU. Les fidèles de Pol-Pot ne sont pas destitués de leur pouvoir. Le chaos continue de régner sur le pays. Le Khmer rouge Khieu Samphan devient officiellement chef d’Etat.

Un pays aspire au retour à la normalité

Hun Sen est nommé Premier ministre en 1985. Les troupes vietnamiennes se retirent du Cambodge en 1989. Dans les années 1990, le Cambodge tente de retourner lentement à la normalité. En 1992, le pays est placé sous le contrôle de l’Apronuc (Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge). Le prince Sihanouk redevient chef d’Etat en 1991. Des élections ont lieu en mai 1993, le pouvoir exécutif est partagé entre le FUNCINPEC (Front uni pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif), mené par le Prince Ranariddh, fils de Sihanouk, et Hun Sen. La monarchie constitutionnelle est rétablie en septembre 1993, Norodom Sihanouk redevient roi, Norodom Ranariddh Premier ministre et Hun Sen second Premier ministre. Toutefois, une politique de réconciliation nationale est lancée à partir de 1998.

Vu de l’extérieur, il est difficile de comprendre l’attitude du Cambodge face à son passé. Pendant des années, les criminels du régime de terreur ont pleine liberté de mouvement dans le pays. Pol Pot est condamné en 1997 à la réclusion à perpétuité, mais décède dès 1998 des suites d’une longue maladie.

La situation finit par s’apaiser dans le pays. En 2004, le Cambodge est un Etat paysan, pauvre et aux difficultés rupture d’approvisionnement. 61 % des Cambodgiens sont analphabètes. Une mortalité néo-natale, très importante, de 12 % et une espérance de vie limitée à 57 ans sont les conséquences d’une situation médicale catastrophique. Depuis quelques années, le pays s’ouvre au tourisme occidental pour accéder à de nouvelles sources de revenus.

Sources :
- Ministère de la Culture, extrait du catalogue, par Albert Le Bonheur
- ARTE Webdocs. Entre autres, Karl Heinz Golzio: Geschichte Kambodschas, Munich 2003

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